Les Renouées géantes

Originaires d’Asie orientale et introduites en Europe comme plantes ornementales, les Renouées sont des vivaces de la famille des Polygonacées, mesurant 1 à 5 m, comportant des rhizomes lignifiés et volumineux. Les fleurs sont regroupées en panicules blanches-verdâtres. Les tiges sont creuses et noueuses. La plante forme des massifs compacts buissonnants. Elle colonise les milieux de zones alluviales (rives, berges, fossés, cours d’eau) et de zones rudérales (talus bords de routes, décharges, terrain vagues...). Il existe plusieurs espèces :

(1) La Renouée du Japon (Reynoutria Japonica) : feuilles nettement tronquées à la base, entre 10 et 20 cm de long, fleurs blanches, tiges bien rouges.

(2) La Renouée de Bohème (Reynoutria x bohemica) : feuilles de 15 à 25 cm de long, à base légèrement en forme de cœur, quelques poils épars en face inférieure, tiges faiblement marquées de rouge.

(3) La Renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis) : feuilles de très grandes tailles 20 à 40 cm de long, à base en forme de cœur, poilues sur la face inférieure, tiges non tachetées de rouge.

La reproduction se fait surtout par multiplication végétative par l’intermédiaire de longs rhizomes (un fragment de 10 grammes suffit à régénérer la plante) ou de boutures de tiges. En France, les graines sont peu fertiles et la dispersion de la plante par les graines est donc peu efficace.

Les nuisances occasionnées par la Renouée sont essentiellement écologiques puisque la plante prend la place d'espèces autochtones et modifie durablement les milieux envahis. En effet, elle déstructure les habitats où elle s'implante, formant des massifs monospécifiques très difficiles à éliminer. Le problème peut également être agricole (envahissement de haies, de bords de prairies). L'accès aux berges des rivières est également rendu plus difficile et peut contrarier certaines activités comme la pêche.

Sur le bassin versant, quelques foyers sont implantés, d’où l’importance de les éradiquer de façon à ce qu'ils ne s'étendent pas et à limiter la contamination en aval. Plusieurs méthodes de lutte existent ; le SMBVAS utilise la technique du bâchage qui consiste à mettre une bâche sur la zone puis planter des espèces adaptées comme les saules afin de créer une concurrence.